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 Adrien-Politique, Politique.

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Date d'inscription : 28/11/2006

MessageSujet: Adrien-Politique, Politique.   Mer 25 Avr - 19:40

Salut à toutes et tous.

Bon alors je vous propose ma lecture des derniers évènements. Vous n'avez pas
forcément envie de vous la farcir, mais bon vous n'avez pas le choix, c'est
comme ça, na. J'attends vos réactions.

Sarkozy à 31% avec un taux de participation historique : ça fait frémir. Il
semble que le bonhomme ait brillamment réussi son entreprise de communication
tous azimuts depuis quatre à cinq ans qu'elle se déroule. Il est évident qu'il
apparaît aujourd'hui à une large partie de nos concitoyens comme l'homme par qui
le changement peut arriver. Il incarne plus que jamais l'idée du "chacun pour sa
gueule, et surtout moi, c'est mieux pour tout le monde". Je reste en tout cas
atterré par l'inertie de mes concitoyens devant les grosses ficelles de la
propagande sarkozyste. En dépit du caractère savamment organisé de celle-ci,
avec cohésion exemplaire de tous les portes-flingues autour du kapo, il a
toutefois laissé échappé quelques énormités-à dessein?- dont en particulier
celle du caractère prédeterminé génétiquement de la pédophilie ou de la tendance
au suicide. Mais l'écho donné à ces propos comme aux "bourdes" qu'il a commises,
tout comme sa principale et maintenant unique
concurrente, comme par exemple sur le nombre des porte-avions français, d'assaut
ou lanceurs d'engins, n'a rien eu à voir avec celui qui a suivi les errements de
cette dernière justement. C'est qu'il est juste d'affirmer, en choeur avec le
Bayrou, que Sarko est le candidat du système, soit le chouchou des médias et
l'ami des grands patrons : il s'en vante d'ailleurs et nombre de ceux-ci
(Lagardère, Bouygues,...) font même partie de la famille en tant que témoins de
mariage. Enfin, bref, rien de nouveau pour qui a suivi la campagne, mais tout le
monde en a-t'il saisi la signification et ce que ça implique en terme de
politique à être menée dans les cinq années à venir s'il atteint l'Elysée et que
lui est fournie une confortable majorité parlementaire? C'est parce qu'on peut
douter de cela que l'on peut espérer qu'une intense action de propagande
(appelons les choses par leur nom) anti-Sarko dans l'opinion- et notre entourage
proche bien sûr-puisse avoir quelques effets.
Cette potentialité est particulièrement forte autour du "thème" de l'"Identité
Nationale", mettons les guillemets, c'est plus poli que "Identité Nationale de
mes couilles" ou "Travail, Famille, Patrie"; on peut également espérer qu'un
certain nombre d'électeurs de Bayrou qui ont fait quelques études ou tout
simplement écouté de temps en temps en cours d'histoire ou de littérature,
s'inquiètent de ce retour du refoulé vichyssois et y réfléchissent un peu avant
de voter Sarkozy. Voilà quelques pistes pour entretenir la cause du "Tous sauf
Sarkozy", comme on dit dans dans le poste.

Pour le cas du vilain borgne, bien qu'il m'en coûte, force m'est d'agréer les
arguments du crapoteux Gollnisch et de la mégère Marine, lucides magré
l'amertume : Le Pen a perdu en pourcentage certes, mais il ne s'agit en rien
d'un effondrement ou d'une fin de cycle pour le FN, au contraire des éditos
rassurants des grands journaux : en votes absolus, perte de 1 million
d'électeurs, pour un retour à 4 millions environ, pas mal pour quelqu'un censé
ne fédérer surtout que des votes "protestataires" et être en fin de parcours. Il
y a en plus d'un parmi les zozos de la gauche de la gauche qui s'en
contenterait. Il s'est fait bouffer la politesse par Sarkozy pour ses thèmes
porteurs, a eu certainement du mal à porter son grand âge et les vilains plis du
cou et renflements de la bedaine qui vont avec face aux quinquas aux dents
acérés et au regard vif, et puis il faut bien le dire, Bayrou lui a piqué son
discours rituel anti-système et ni gauche ni droite dans un petit accès de
démagogie bien senti. Mais comme l'a dit fifille je crois : "on a perdu dans les
urnes mais on a gagné dans les esprits". Rendez-vous a aussi été donné par tous
ces joyeux drilles dans quelques années, quand les grandes promesses auront vécu
et que les difficultés arriveront. On ne saurait être trop naïf une fois de plus
de croire que ce petit cycle politique élection-déception-lepénisation ne puisse
plus se voir. Face à ce problème, tout dépend de ce qu'individuellement on met
d'espérance sincère dans l'avenir en général et dans celui de notre pays dans
les cinq ans à venir en particulier, quel que soit lequel des deux candidats
élus. Pour ma part, prédestination familiale, lecture des romans noirs,
fréquentation précoce des maisons de retraite et des services d'urgence
obligent, ou simplement affaire de tempérament, ou de mauvaise digestion de ma
daurade de ce soir, c'est à désespérer un commentateur de France Télévisions. Le
soi-disant renouveau de la politique que nous
sommes censés vivre a un fort goût de PQ de grande surface : c'est rose, ça sent
bon, mais ça finira mal et il faudra en racheter la semaine prochaine, à
l'identique. Optimiste le garçon, hein?

Il paraitrait que depuis hier, entre autres évènements historiques d'importance
planétaire, disons-le galactique, il s'est trouvé la naissance ex nihilo du
Centre, le seul le vrai madame. Ben voyons. Ca ne serait pas la première
énormité que nous accepterions de la part de l'agriculteur-agrégé de
lettres-éleveur de pur-sangs ces derniers temps. Le fait est que le Bayrou, et
c'est à son honneur, a ressorti de la tombe un vieux courant qui a eu souvent
bien du mal à s'en éloigner, ce qui permet de penser que c'est finalement
peut-être sa place la plus adaptée sinon la plus confortable. On a pu assister
en tout cas hier au début de la foire aux voix, lancée et relancée par des
journalistes qui me paraissent encore plus cons que la dernière fois que je les
ai vus en action (soit il y a plus d'un an, je n'ai ressorti la télé que pour la
soirée d'hier, et elle est déjà repartie à la cave, croyez-moi), deux heures
trente à poser aggressivement la même question entre deux directs à
la noix. C'est que les bougres paraissaient contents hier: si 85% des électeurs
ont voté, c'est que la campagne, soit notre superbe travail journalistique,
était sacrément bon. Je pense que son résultat étonnant place Bayrou
individuellement dans une situation des plus confortables, à la hauteur de son
orgueil et de son ambition : exercez donc le pouvoir les cocos, moi je ne suis
pour personne, et rendez-vous dans cinq ans, et pousses-toi d'là que j'm'y
mette. La limite vient des braves gens qui l'accompagnent, soit une petite
moitié des 25 parlementaires UDF, et pas beaucoup de lumières ou de
personnalités de premier plan ( en même temps, l'UDF c'est quand même Douste, De
Robien, Carignon; Millon, Blanc, Soisson, Charles Baur et autres sympathiques
ex-présidents de régions avec vice-présidents FN). Il est à parier que ces
braves gens n'aient pas envie de sacrifier leurs ambitions individuelles pour
les beaux yeux du François. Les appels du pied des socio-démocrates du PS
pour une idylle avec les démocrates-sociaux tant maintenant qu'aux législatives,
avec éventuel partage des circonscriptions, tout comme ceux de l'UMP appelant à
la raison et à la reconstitution des anciennes alliances façon Le Seigneur des
Anneaux contre les Trolls et Orques de la gauche, qui pourraient souligner la
position de force du Bayrou, ne font qu'en mettre en évidence la fragilité.
C'est la dispersion et l'éclatement qui menacent, tout comme la perte rapide du
capital construit autour du discours anti-système. Et puis la configuration
constitutionnelle désavantage clairement ce type de positionnement intermédiaire
: un pouvoir présidentiel et pas de proportionnelle : c'est sous la Quatrième
que Bayrou aurait trouvé son bonheur. Et puis je vois mal en fin de compte
Sarkozy et ses parlementaires assoiffés de réélection après la déroute des
régionales et la perte de indemnités allant avec, laisser la latitude à Baytou
et ses copains et copines pour s'implanter pour
de bon à l'Assemblée. Nous verrons ce qu'il vaudra de mes amères analyses.

Quel espoir reste t'il pour Ségolène alors (et accessoirement pour nous autres,
tiens?)? Il est fort restreint. Il est déjà évident qu'elle-même et son
entourage doivent se persuader que cela reste jouable, ce qui ne transparaissait
pas dans son intervention retardée d'hier soir, particulièrement crispée et en
manque de combativité. C'est du moins l'impression nette laissée par celle-ci,
alors qu'au fond son discours était meilleur je trouve, plus politique que la
guimauve de Sarko (je vous aime, donc aimez-moi). Mais la forme a tout gâché.
Cependant, malgré cela, les choses restent possibles. Stratégiquement je pense
qu'elle ne doit pas chercher à rassembler à sa gauche, il est de la
responsabilité des écrasés du premier tour de ne pas la ramener et d'assumer
leur échec pour lui laisser la place (d'ailleurs cela ne leur nuira pas, plutôt
que de s'attirer les reproches d'une partie de l'électorat qui a voté utile et
qui n'aimerait pas voir l'échec éventuel de Royal en
partie lié à des récriminations des minoritaires frustrés), il est donc clair
qu'elle doit compter ses votes et ceux d'à sa gauche comme acquis, ne serait-ce
que parce que l'effet anti-Sarko à tout prix jouera à plein (c'est d'ailleurs
mon cas, pas mal de choses à redire sur son programme et sa communication, un
vote au premier tour pour un moins de 5%, peu importe lequel, mais on s'en fout,
quitte ou double, quoi). Elle doit clairement aller chercher les voix
centristes, si on peut les appeler ainsi, en modifiant son programme si besoin.
Par contre il me semble, comme je l'ai déjà dit en termes outranciers il y a
quelque temps, ce qui est mon habitude, qu'une alliance ouverte avec l'UDF
comporte bien plus de risques que de bénéfices potentiels, cela bien que les
Rocard et autres Kouchner l'appellent de leurs voeux. Leur démarche de lancer
l'idée en pleine campagne de premier tour, à trois semaines du vote, alors que
la candidate du PS avait déjà arrêté sa position à ce
sujet, me semblait surtout être une belle vacherie dans la manière de procéder,
une de plus pour Royal de la part de ses sympathiques camarades. A l'heure
actuelle la donne a certes changé, mais les écueils me semblent trop grands à
surmonter : l'UDF et François Bayrou, tout d'abord, ne me paraissent pas être
des partenaires fiables. A la première occasion, à la première difficulté
sérieuse, l'histoire d'amour pourra voler en éclats. L'exemple de la
cohabitation heureuse des élus français PS et UDF au sein d'un groupe
parlementaire commun à Strasbourg est non significatif : siéger là-bas relève de
la planque bien payée et pauvre en travail effectif obligatoire, comparé à
l'exercice d'une majorité parlementaire et d'un gouvernement dans notre bon
pays. Lorsqu'il s'agira de voter le budget, les lois sur les retraites, la
fiscalité ,cela sera une autre paire de manches que les votes consensuels d'une
Assemblée dont personne n'entend jamais parler ou presque. Par ailleurs la
conséquence interne, à tirer encore un peu plus sur les câbles qui maintiennent
le grand écart entre les tendaces contradictoires du PS, serait leur rupture,
l'éclatement du PS; ça n'est pas souhaitable pour la gauche en l'état actuel,
quand le PS quoiqu'affaibli et divisé reste la seule force capable de faire
obstacle à une droite "décomplexée", revancharde et arrogante comme jamais. Je
ne crois pas non plus à la stricte application d'un pays à l'autre, de systèmes
politiques, leur calquage à l'identique. La diversité internationale des
systèmes politiques et des partis est à la mesure de la diversité culturelle, et
je ne vois pas de bonnes raisons de prôner l'uniformisation, Europe ou pas. En
termes plus triviaux, ce qui est bon pour les uns ne l'est pas forcément pour
les autres : une partie de l'applicabilité des modèles étrangers dépend de la
résonance avec la structure politique des pays où l'on entend les appliquer,
donc de leur histoire. Aujourd'hui c'est le modèle
nordique, anglais ou l'intelligence de la cohabitation SPD-CDU en Allemagne qui
est valorisé, hier c'était le modèle néérlandais, et demain?

Pour en finir, un rapide tour d'horizon du faible réservoir de gauche pour le PS
: un vieux récipient rouillé, et des fuites partout. Je pense que l'on peut
sonner l'homélie du PCF : le PCF est mort, vive le PCF! Rassemblons tous les
anciens militants et l'on aura le plus grand parti de France. Il s'agira certes
de voir l'étendue réelle du désastre après le résultat du deuxième tour et ses
conséquences certainement majeures sur les législatives, dans ce drôle de
système où un Président qui ne gouverne surtout pas est élu sur un programme de
gouvernement. Les Verts vivotent et ont touché la limite inférieure de leur
électorat, je pense qu'ils ont connu leur limite supérieure aux européennes,
scrutin qui leur convient bien. Cela situe bien leur pouvoir éventuel, loin de
ce qu'il pourrait être compte-tenu de l'ancienneté de leur analyse sur les
questions écologiques. Celui-ci ne pourra s'accroître que si la FNSEA se retire
des affaires et que TF1 arrête d'entretenir un ou deux
guignols pour des émissions en ULM, donc ça n'arrivera jamais. La LCR est
heureuse, elle fait la nique à LO et au PCF, nous sommes heureux quant à nous de
voir qu'Arlette a trouvé un digne remplaçant en Besancenot, qui aura donc
l'insigne honneur de représenter le Parti de La Vraie Vérité Juste et Pure pour
les 12 prochaines élections présidentielles à venir, mais sans le moindre espoir
d'être élu bien sûr, car c'est salissant. Bové a apporté un peu de fête paysanne
alternative ardéchoise dans la campagne, et ça a senti un peu la merguez, le
patchouli et le foin, et puis il est rentré à la maison, malgré des positions
audacieuses sur le tracé exact de la frontière israélo-palestinienne. C'est donc
le ridicule divisé, mais partagé, c'est le no man's land en 1916, mais je veux
croire qu'un peu d'intelligence et de lucidité pourront faire évoluer les choses
à l'avenir, car après la pluie vient le beau temps, et après 1916 vient 1918 (et
puis 1939 plus tard). Ce sera d'ailleurs
l'objet d'une de mes prochaines éructations. Une première piste toutefois : le
communisme, le marxisme-léninisme sont morts et ont perdu, enterrons-les sans
remords ni regrets.

Sur ces paroles heureuses, à bientôt sous le règne de Ségolène.
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